Enquête salariale communautaire: conférence de presse à l'Assemblée nationale

Wednesday, March 20, 2019

Enquête salariale communautaire: conférence de presse à l'Assemblée nationale

Les porte-paroles de la Coalition des Tables régionales communautaires (CTROC), en présence de députés ont réitéré l'urgence d'agir pour un secteur d'emploi essentiel.
Voir communiqué et vidéo;


Point de presse de la CTROC + prises de parole des députés.
Enregistrement de l'Assemblée nationale.

Enquête salariale communautaire: Urgence d'agir pour un secteur d'emploi essentiel

Le 19 mars 2019, Québec – En point de presse à l'Assemblée Nationale, en présence de député.es de trois formations politiques représentées à Québec, la Coalition des Tables régionales d'organismes communautaires (CTROC) a rappelé que les organismes communautaires œuvrant en santé services sociaux attendent de bonnes nouvelles du premier budget du gouvernement. Ces organismes ne peuvent offrir des conditions salariales intéressantes à leurs employé.es et ils réitèrent l'urgence de mieux les soutenir.

Défi de rétention dans un contexte de pénurie de main d'œuvre

Selon les résultats d'une récente enquête sur les conditions salariales dans le secteur de l'action communautaire autonome en santé et services sociaux, les salaires offerts dans les organismes communautaires ne favorisent pas la rétention de la main-d'œuvre. Car en dépit d'une forte scolarisation des employé.es, les taux horaires sont peu élevés, parfois proches ou en dessous des 15 $ de l'heure. Les bas salaires offerts accentuent la pénurie de main d'œuvre, déjà bien présente depuis quelques années. Et ce, malgré les efforts déployés par les groupes pour bonifier les vacances ou congés sociaux offerts. ‘'À titre d'exemple, dans les organismes de notre région, on voit plusieurs travailleuses et travailleurs être recrutés par des employeurs du réseau public ou privé pour leur expertise. Même si on crée des conditions de travail agréables, avec une flexibilité d'horaire et de vacances, c'est difficile de compétitionner avec les salaires offerts dans les autres réseaux'' déplore Hugo Valiquette, co-porte-parole de la CTROC.

Les résultats de l'enquête permettent de questionner l'attractivité du milieu communautaire pour les travailleurs et travailleuses qualifié.es.  Si on ajoute l'augmentation du salaire minimum, qui aura un impact sur un bon nombre de groupes, et la possible rémunération des stages, il est clair que plusieurs organismes, déjà fragilisés, auront besoin de soutien. Il est donc impératif d'agir pour eux.

Des emplois et des retombées économiques importantes pour les régions du Québec

Pourtant, l'action communautaire autonome en santé et services sociaux est un acteur significatif sur le marché du travail au Québec. Selon l'enquête salariale, ce secteur génère chaque année un budget d'opération de plus d'un milliard de dollars et génère une masse salariale de plus de 660 millions $. Il totalise 24 000 emplois et il dynamise l'activité économique partout au Québec en offrant des types d'emplois très diversifiés.  Les organismes et leurs employé.es font des investissements qui restent dans les communautés locales: achats, locations, contrats, entretien, services, etc.

Un meilleur investissement public dans le soutien aux organismes communautaires permettra donc à ce secteur d'affronter ses multiples défis, tout en aidant à améliorer les conditions de vie des citoyens et citoyennes. ‘'Rappelons que pour chaque dollar investi dans le communautaire, les répercussions positives sont nombreuses, ne serait-ce que par la prévention que font les groupes. En agissant dans une approche globale et en amont des problématiques, les organismes favorisent le mieux-être des populations, ce qui est bénéfique d'un point de vue social mais aussi économique.'' explique Émilie Saint-Pierre, co-porte-parole de la CTROC.

Un investissement public nécessaire et avantageux !

La CTROC croit que le gouvernement actuel a une occasion en or, par son prochain budget, de renverser la situation précaire de cet important secteur d'activités et d'emploi qu'est l'action communautaire autonome.  En investissant dans le financement à la mission des organismes, le gouvernement permettra de soutenir les communautés de partout au Québec. Ce sont des emplois qui seront mieux rémunérés, des organismes qui pourront accomplir encore mieux leur travail et changer significativement la société !  Cet argent investi aura des répercussions tangibles, visibles, dans toutes nos municipalités et nos régions. Peut-on même imaginer à quel point cela serait positif pour le Québec ?

Citation de Sol Zanetti, député de Jean-Lesage :

« Les organismes communautaires sont des maillons essentiels de notre réseau de santé. Ils travaillent d'arrache-pied, souvent avec bien peu de moyens, pour offrir des services de qualité aux personnes les plus démunies et lutter contre leur exclusion. Nous avons le devoir de préserver et soutenir leur autonomie, et cela passe par l'octroi d'un financement décent et stable. Nous espérons que la Ministre McCann répondra positivement à l'appel de la CTROC et leur donnera les moyens de remplir leur mission essentielle auprès des populations vulnérables.»

Citation de Harold Lebel, député de Rimouski :

«Les femmes et les hommes qui s'impliquent dans les réseaux communautaires le font parce qu'ils sont des gens de convictions. Comme société, nous avons le devoir de prendre soin de ces personnes. C'est simple, leurs conditions doivent être améliorées, et ce, le plus rapidement possible. Cela passe par des réinvestissements majeurs dans le milieu communautaire, trop souvent le grand oublié. Le premier vrai test pour le gouvernement Legault se fera lors du dévoilement de ce premier budget. Nous espérons que cette fois-ci sera la bonne.»

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Informations : info@ctroc.org

L'enquête est disponible sur le site Internet de la CTROC au : www.ctroc.org/enquete-salariale

Elle a été réalisée par le Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'économie sociale et de l'action communautaire (CSMO-ÉSAC) :  www.csmoesac.qc.ca

Cette enquête a permis de joindre 977 organismes à l'échelle des 17 régions du Québec, ce qui assure la représentativité des résultats et permet une généralisation de ceux-ci sur l'ensemble des 3 000 organismes communautaires autonomes œuvrant principalement en santé et des services sociaux.